Le conformisme

Je pourrais enfin raconter ce qui s’est passé durant mon harcèlement scolaire mais je n’assume pas encore des masses. A la place, je vais raconter quelque chose qui me turlupine depuis des années : ma tendance au conformisme.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Source : slowtech.org

Tout d’abord, petite définition : le conformisme, c’est quand on agit selon ce qu’un individu ou la société attend de nous, quand on ne dérive pas de la norme sociale. Vous devez, je pense, connaître plusieurs personnes comme ça. Peut-être réalisez-vous que vous en faîtes aussi partie.

Pourquoi vais-je parler de ce sujet ? Je suis moins conformiste aujourd’hui et je sais que j’avais aussi cette tendance auparavant. Seulement, cela s’est recoupé avec une autre envie qui a pris le dessus : l’envie de faire plaisir aux autres, et donc de leur plaire, d’une certaine façon. Et voilà comment on en arrive au conformisme, quitte à se mentir à soi-même, voire à se détruire.

Et du coup, je n’ai jamais été moi-même durant ma vie. Quand j’étais harcelée scolaire, j’étais bien sûr bloquée mentalement, ce qui me rendait particulièrement immature et on ne peut pas dire que ce conformisme ait beaucoup joué avant le lycée. Et à cette période, j’avais envie de m’en sortir, quitte à aller contre ma personnalité de temps à autre. Mais le naturel revient au galop comme on dit, et ma réussite fut médiocre.

On ne peut jamais tout à fait aller contre soi-même et si j’ai accepté des sorties, des soirées, je n’en avais pas forcément envie, ce n’était pas mon truc. L’extraversion est valorisée face à l’introversion, je suis justement de la deuxième catégorie et je savais que c’était mal vu. J’ai tenté de me maquiller, de m’habiller mieux (comprendre : collants, jupes, décolletés) mais ça n’a jamais fonctionné sur le long terme (ni même sur une courte durée d’ailleurs).

Sans même parler de l’apparence physique, j’ai essayé de suivre les opinions des autres, ce qui me permettait aussi d’éviter les conflits. J’ai horreur de ces derniers, je me mets en colère très rapidement, et parfois tout en pleurant (crédibilité zéro). Ces situations étaient très embarrassantes, vous essayez de montrer que vous avez une opinion différente et celle-ci n’est pas seulement dénigrée, on se moque de vous aussi sur le plan personnel.

De plus, mon manque de confiance en moi me faisait dire que j’avais forcément tort tout le temps. Donc j’imaginais que ce que je disais était forcément de la merde et qu’il fallait que j’écoute les autres. Je suivais donc l’avis des autres même si je pouvais parfois le trouver un peu naze. Quand je n’étais pas convaincue, les gens insistaient (souvent sur un ton peu sympathique et si je ne me faisais pas traiter d’idiote au passage) et cela suffisait à ce que je « change d’avis ». Pourquoi je le mets entre guillemets ? Car ce n’était qu’un changement de façade : au fond, vraiment enfoui tout au fond, il y avait ma réelle opinion encore existante. Il y avait toujours cette pointe de doute qui ressurgissait de temps en temps et je ne pouvais pas l’exprimer sans en subir les conséquences.

Je ne voulais pas décevoir, c’était clair. Mais ça me détruisait à petit feu. A force de vouloir plaire et d’éviter les tensions (en même temps, pas comme si j’arrivais à contre-argumenter non plus), j’en arrivais à me déprécier sans arrêt pour le bien des autres, à étouffer mes opinions sous une chape de plomb destinée à les rendre invisibles, quitte à les faire disparaître. Le dernier cas n’étant pas possible, tout subterfuge était bon à prendre.

Je pense que pour les personnes qui me suivent ailleurs, elles savent que j’ai des opinions et que celles-ci peuvent quand même évoluer mais c’est le fruit de lectures, de recherches sur Internet. J’ai commencé tout doucement à m’émanciper de ma coquille conformiste à l’université, tout en faisant toujours des concessions. Les gens ne se rendent pas compte (ou peut-être que si ?) que même si je montrais mon désaccord, je finissais par la mettre en veilleuse. Et non, je ne coupais pas la poire en deux : c’était bien plus que ça. Ce n’était plus un simple compromis mais un renoncement à mes idées, et donc à moi-même.

J’ai mis très longtemps à comprendre tout ça. Quand ça a finalement été le cas, j’ai choisi ce qu’on peut appeler la solution de facilité : la solitude. Même si ça n’a sûrement pas été bénéfique sur tous les plans, ça a été salutaire d’une certaine manière. Je me suis retrouvée avec moi-même. Ça m’a fait un bien fou et je pense que ma décision de ne plus être en couple ne provient pas que de ça (d’autres éléments sont en jeu) mais que très clairement, je ne supporterai plus de devoir faire des concessions alors que j’en ai fait tellement, sans que personne ne s’en rende compte. J’ai besoin de me reposer maintenant. Traitez-moi d’égoïste, ça doit être le cas et je n’y vois plus de problème à l’heure actuelle. J’ai mes valeurs qui compensent cet égoïsme.

Pourquoi je pense que c’est du conformisme ? Parce que c’est la peur de décevoir les autres personnes (qui se conforment donc aux valeurs habituelles de la société) qui m’a guidé durant un long moment. Quitte à aller contre moi-même en tant qu’être, je ne voulais mettre en colère personne. Ce n’est peut-être pas du conformisme dans le sens où je n’étais pas profondément convaincue que suivre les règles était une bonne chose, mais ça l’était quand même car je ne voulais pas déranger, ce qui n’est pas mieux en soi.

De plus, mon conformisme m’a amenée à ne pas avoir la soif de connaissances que j’ai aujourd’hui en lisant des essais (sur des sujets bien précis quand même, on est d’accord). On me reproche aujourd’hui de ne pas avoir la vie sociale que je devrais avoir selon les critères de tout le monde, mais on ne m’a jamais reproché de ne pas acquérir de savoirs. Le conformisme, ce fléau qui empêche ton cerveau de grandir.

Durant mes années d’étudiante, j’ai été tiraillée par mes opinions et celles des autres. Trouver une voie qui me plaise et trouver une voie qui ouvre des perspectives au niveau de l’emploi. J’ai raconté pas mal de conneries pour faire croire que ma licence à la fac allait m’ouvrir des portes alors que c’était encore moins le cas réellement que ce que je pensais. Je me suis foutue dans la merde toute seule, magnifique plantage en règle.

Il ne s’agit pas que de mon entourage. Au-delà de mon manque de confiance en moi, de mes problèmes physiques (pas forcément de santé même s’il y en a, je suis juste frêle), de ma peur du monde du travail et d’un énième harcèlement, je voulais juste me conformer à la société, ne décevoir personne. Vœu pieux. Ma simple existence est un affront aux valeurs capitalistes.

Je ne suis ni rapide ni productive. Si vous n’êtes aucun des deux (et je dirais même si vous êtes un des deux, on ne choisit pas, ce n’est pas l’un ou l’autre dans cette société, TU T’ADAPTES OU TU CRÈVES), vous n’êtes pas viable, et selon les plus sévères, vous ne méritez pas vraiment de vivre (si on t’interdit d’avoir de l’argent pour te loger et te nourrir, le message, c’est ça).

Résultat ? Je me suis retrouvée face à moi-même, à ce que je suis, qui ne correspond en rien à ce que la société attend de moi. Et c’est très déprimant, c’est ton existence que tu remets en question. Aujourd’hui, ce n’est pas que moi que je culpabilise mais aussi le système dans lequel on vit. Je ne parle pas que du système capitaliste en général, mais aussi d’une composante qu’il n’a pas contribué à créer car il existe depuis la nuit des temps mais qu’il influence tout de même grandement : le monde social.

Sans l’empreinte des valeurs capitalistes, les valeurs sociales ne me pèseraient peut-être pas autant. Je ne dirais pas que je ne ressentirais pas forcément le besoin de m’effacer car cela ne dépend pas que de ça, loin de là, l’analyse serait trop simple. Mais le fait est que je ne me sens pas bien à ce niveau.

C’est pareil pour le monde du travail. Vous pourriez vous dire que ma tendance à m’écraser est identique dans ce contexte-là, et ce n’est pas complètement faux, sauf que… il faut d’abord que je l’ai, le travail. Avant ça, je suis paralysée. Je ne sais pas vers où aller, et les rares métiers vers lesquels je pourrais me rendre facilement (comprendre : sans diplôme) sont soit trop physiques, soit trop abrutissants (les deux étant fortement liés). Le manque de respect des supérieurs hiérarchiques, je ne supporterais pas non plus.

Mon conformisme a donc ses limites. Et je le vois d’autant plus en ce moment que le vent de la rébellion gronde en moi en ce moment. Je suis actuellement dans un dispositif pour les demandeurs d’emploi pour reprendre confiance en soi et trouver sa voie professionnelle. Je ne donnerai pas les détails de la pression qu’on nous met actuellement mais ça me déplaît au plus haut point et une formatrice ne m’a pas à la bonne, donc ça va forcément clasher d’ici la fin du mois entre elle et moi. Il faut absolument qu’on trouve un domaine dans lequel il y a du travail (alors qu’on a commencé par regarder nos intérêts professionnels mais finalement, ce n’est pas si important que ça…) et parce qu’on me l’a dit cash : un boulot alimentaire. Il faut que ça fasse beau sur les papiers à la fin du dispositif pour les financeurs et ce qui est sûr, c’est que ça ne risque pas d’être très joli dans mon cas.

Ma tendance au conformisme est donc en train de péricliter, bien que ça va m’apporter de très gros ennuis vu que je suis sans emploi. J’ai eu cette tendance sur le plan social mais sur le plan du travail, je me ferme comme une huître. Et c’est justement ça qui va m’aider à sortir de mes blocages au niveau social.

Cet article est finalement parti dans une direction différente de ce que vous imaginiez. Mais sachez que je parle d’un sujet selon un angle personnel.

Finalement, le monde du travail est un peu le point final à tout ça, je pense : tout dépend si je vais m’y plier ou pas, sachant que cela ne repose pas que sur ma volonté (l’argent ne tombe pas du ciel… enfin, pour certains, oui, mais je n’en fais pas partie).

Et vous, avez-vous une tendance au conformisme ? Sur quel plan ?

19 réflexions sur “Le conformisme

  1. C’est certain que le système capitaliste pousse au conformisme… Juste parce que parfois on est trop épuisées d’aller à contre courant. Merci pour ton témoignage.

    En primaire et collège j’étais parfois un peu perçue comme « un peu ailleurs », un peu décalée, mais comme je suis je pense extravertie ça m’a permis de compenser sur le plan social. En revanche je me reconnais dans le fait de vouloir faire plaisir, et mon cauchemar ça a toujours été les situations où on doit choisir entre satisfaire une personne ou une autre, mais forcément décevoir quelqu’un. Argh. Je me suis mise dans diverses situations très inconfortables en repoussant des choix d’ailleurs.

    Pour les choix d’orientation j’ai beaucoup trop ecouté des conseils qui avaient fini par me démotiver et j’avais fait du droit par défaut avant de changer… Mais je suis très protégée, très privilégiée par plein d’aspects et c’est ce qui m’a permis que ça n’ait jamais trop de conséquences, pouvoir changer d’avis et bifurquer sans souci

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ton commentaire !

      Non mais c’est horrible cette position de ne vouloir décevoir personne, ça m’influence encore. Tu penses que ton extraversion a joué sur le plan social ? (je suppose que ça dépend de comment on nous trouve « bizarres »)

      Pareil que toi, à part que ça m’a coûté et me coûte toujours. Les gens devraient apprendre à se taire, même sans cette tendance au conformisme, ça met une pression de ouf.

      Aimé par 1 personne

  2. J’ai l’impression qu’après le harcèlement scolaire, on est souvent propulsé.e.s vers le conformisme pour être sûr.e que ça ne se reproduise pas. Si on se fond dans le moule, on ne devrait plus être attaqué.e. Comme tu le dit, c’est se détruire soi-même, s’annihiler, et c’est tout ce qu’on cherche à ce moment-là pour se faire aussi petit.e que possible et ne plus attirer l’attention.

    Je crois que mon vrai moi, enfouit tout au fond (parce que conformiste, je le suis toujours un peu, tristement, mais biiiiien moins qu’avant) se faisait entendre par ma volonté de vouloir être à contre-courant, et de choisir ce qui était délaissé, les choses à moins de succès. C’était un peu le schéma « hé cocotte tu fous quoi là ? Les choix de masse c’est pas toi, essaie ce chemin voir si ça te plaît pas mieux ». Mais pourtant, fallait que j’acquiesce aux opinions des autres qui « pensaient mieux que moi », de peur de dire ce que je pensais vraiment. Le manque de confiance a fait que ça, je l’enterrais six pieds sous terre.
    Même la prépa, je le vois comme du conformisme. Pourtant, y’avait une part de contestation en même temps parce que je n’ai clairement pas la classe sociale pour, et que je voulais prouver que même en étant d’un statut bas on pouvait y arriver. Mais conformisme de l’éducation nationale, et de mon dossier au lycée parce que j’avais de bien jolis bulletins. Mais vois où j’en suis arrivée, le conformisme ça pue clairement, et même si je bataille encore avec (surtout côté « oser dire ce que je pense », tout ce qui est parole, j’ai un mal fou avec) je crois que le chemin que j’ai choisis me pousse à être en adéquation seulement avec moi-même, enfin m’écouter, et comme toi, m’offrir un repos nécessaire.
    Ce commentaire est pas hyper intéressant haha, déso, en tout cas j’ai beaucoup aimé pouvoir lire ce que tu en disais.

    Aimé par 1 personne

    • Tout à fait d’accord avec toi ! On est conscients que le harcèlement scolaire vient d’une faille, voire de plusieurs, et que souvent, elles viennent à l’encontre des codes de tout le monde. Donc oui, on veut une certaine tranquillité à travers le conformisme, c’est notre santé mentale qui est en jeu, et donc notre vie…

      Aimé par 1 personne

    • J’ai pas fini mon commentaire, gneuuuh.

      Même si nos envies sont différentes (je ne suis pas une artiste), nous avons des parcours similaires, notamment sur ce conformisme dans lequel nous avons tenté de nous mêler… Echec !

      Le repos, c’est important, on ne se rend pas compte que se respecter soi-même, c’est aussi se respecter vivant.

      Merci pour ton commentaire en tout cas, il m’a beaucoup touché. Quant à ton expression, tu es sur la bonne voie, notamment à travers ton blog, je sais que tu vas pouvoir briser des têtes tout bientôt !

      Aimé par 1 personne

      • J’ai reregardé des vidéos de Et tout le monde s’en fout dernière, et j’ai pensé à toi et à ton article avec la vidéo sur « Les autres ». Si tu ne l’as pas vu je ne peux que te la conseiller !

        Finalement j’ai l’impression que le conformisme qu’on s’est imposé n’a été qu’une forme harcèlement continu envers nous-même. Comme si notre vrai moi n’avait clairement pas le droit d’exister ( ce qu’on nous a malheureusement foutu dans le crâne… ) alors on a suivi le modèle qu’on nous a montré en nous faisant violence…

        Merci à toi surtout ! C’est beaucoup trop mimi ce que tu me dis là, merci. ♥

        Aimé par 1 personne

  3. Je n’ai pas vraiment été harcelée (juste mise à l’écart quand certaines personnes décidaient que ça les amuserait) donc je ne peux pas vraiment parler sur ce plan-là, mais j’ai aussi parfois tendance à la fermer (et à faire taire la voix en moi) face à certaines personnes ou certaines situations. Comprendre des personnes agressives ou complètement sûres d’elles ou dans des situations de conflit. Je ne sais pas argumenter, je m’énerve vite, je suis frustrée parce que je n’arrive pas à trouver les bons arguments (qui me reviendront quelques heures plus tard généralement) et, régulièrement, j’ai les yeux qui coulent totalement contre ma volonté. Du coup, j’ai encore tendance à faire taire mes convictions, ce qui me met en colère tout en ayant honte de moi.
    Je me sens aussi tellement nulle par rapport à à peu près tout le monde que j’ai souvent du mal à savoir qui je suis et ce que je pense quand ce sentiment dévorant de nullité se fait sentir.
    Quant à ton problème vis-à-vis du monde du travail, bon sang, que je le partage. Je ne suis pas d’accord avec ce modèle, je ne veux pas de cette vie passée à travailler des heures, à rentrer tard et à ne pas voir passer le week-end consacré à faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire dans la semaine. Je suis peut-être une feignasse mais je ne comprends pas l’intérêt d’une vie passée à attendre ses cinq semaines de congés et/ou la retraite. Je n’ai aucune idée de ce que je veux faire, de ce que je pourrais faire, et j’ai plus souvent fait des boulots alimentaires inintéressants que des trucs enthousiasmants. Je sais que mon absence totale de confiance en moi est un blocage énorme et du coup, je suis en conflit pas permanent mais presque entre la culpabilité de ne pas bosser par rapport à mon copain (qui ne me fait aucune remarque, sous-entendu ou autre, je réalise d’ailleurs la chance incroyable que j’ai d’être avec une personne comme lui, sur ce plan-là comme sur beaucoup d’autres car je n’ai jamais de concessions à faire) et la détestation du système capitaliste.
    Bref, désolée, je t’ai raconté ma vie, on s’en fout, mais ton article m’a beaucoup parlé.

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ton commentaire ! Si mon article t’a beaucoup parlé, c’est le cas de ton commentaire pour moi. J’ai eu l’impression de me retrouver face à moi en débat quand tu te décris. J’essaie de changer ça mais ça va dépendre où je suis, de la personne, etc. J’essaie de m’affirmer un peu plus… Par exemple, c’est une relation professionnelle, mais comme il m’impressionne peu tout en m’intimidant (paradoxe, bonjour), je sais qu’il faut que je sois cash dès le début avec lui, sinon je vais me faire écraser d’une manière ou d’une autre.
      Tu as bien de la chance avec ton copain ! Pour l’avoir vécu, la pression de trouver un travail par le compagnon, ça te détruit… Vous en avez parlé ?

      Aimé par 1 personne

  4. Le conformisme, c’est une tendance naturelle de l’être humain et je pense qu’on l’est tous, d’une manière ou d’une autre. Parfois, se rebeller, s’éloigner de la norme, c’est d’ailleurs juste une autre forme de conformisme quand on le fait juste pour se conformer à un idéal d’originalité et d’indépendance très valorisé dans certains cercles…
    Dans ma vie, j’ai fait, et je n’ai pas fait, plein de choses par conformisme (par exemple, passer mon permis de conduire alors que j’ai horreur de conduire et qu’il y a de très bons transports publics chez moi). D’autres choses aussi que j’ai faites pour faire plaisir, ou parce que je faisais plus confiance à l’opinion d’autrui qu’à la mienne, fichu manque de confiance en moi… Je pense d’ailleurs qu’en tant que femme on est beaucoup plus poussées à s’adapter aux désirs d’autrui que les hommes. J’ai réalisé petit à petit que je me suis empêchée d’être moi-même pendant très longtemps à cause de tout ça, mais ce n’est que maintenant que je suis plus âgée, plus à l’aise avec moi-même et dans ma vie, que j’ai l’impression d’avoir moins de choses à prouver, que je me sens capable d’abattre certaines barrières que je m’étais posées. Je te trouve courageuse d’assumer tes idées et tes désirs même lorsqu’ils vont à l’encontre des normes. A ton âge, je n’en étais capable que sur les sujets les plus vitaux pour moi mais alors pour le reste…

    Aimé par 1 personne

    • Oui, le conformisme peut être utile pour sauvegarder une certaine paix sociale mais ce n’est pertinent que dans certains contextes. Là, c’est plus délétère qu’autre chose… C’est plus « on se voile la face » qu’autre chose.
      Le permis, m’en parle pas ! Je déteste aussi conduire mais j’ai pas l’argument des transports en commun… Il y en a mais je ne dirai pas que c’est bien desservi non plus… Donc bon, fallait bien (ok, je l’ai eu au bout de la quatrième fois).
      C’est bien que tu parles aussi de cette différence de genre ! Ca entre forcément en ligne de compte. Quand je vois les hommes de ma famille qui sont hyper confiants, ça m’impressionne et en même temps, on n’a pas eu la même éducation…
      Merci beaucoup ! Après, bon, je les assume à géométrie variable selon l’interlocuteur en face 😀 T’entends quoi par « les sujets les plus vitaux » ?

      J’aime

  5. Ah t’es encore pire que moi, j’ai passé le permis à la troisième tentative quand même (chez nous après 3 échecs tu dois passer chez le psy…);-)
    Sujets vitaux, par exemple le choix professionnel: je viens d’une famille d’enseignants, et ça aurait été très facile pour moi d’obtenir un job dans l’école de mon village. Sauf que je ne voulais ni enseigner, ni retourner vivre là-bas après les études, et on va dire que j’ai été capable de résister au conformisme familial… Ou le fait d’avoir des enfants: j’ai toujours su que je n’en voulais pas, et j’ai toujours été très claire à ce sujet. Même si le fait d’avoir été pour la première fois dans une relation vraiment stable à passé 30 ans a sûrement aidé, j’étais déjà mieux armée pour résister à ce genre de pressions (et surtout j’avais trouvé quelqu’un qui était de mon avis…).

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s